Spermogramme : comment lire et comprendre vos résultats
Le spermogramme est l’examen de première intention lorsqu’un couple consulte pour une difficulté à concevoir. Il décrit ce que contient l’éjaculat : le volume émis, le nombre de spermatozoïdes, leur façon de se déplacer, leur forme et leur proportion de cellules vivantes.
Page rédigée et relue le 22 septembre 2026 par le Dr David Rossignol, biologiste médical, Laboratoire Bio Ard’Aisne.
Une précision avant tout le reste, parce qu’elle change la façon de lire la suite : un spermogramme dont un ou plusieurs chiffres sont inférieurs aux valeurs de référence n’est pas un diagnostic de stérilité. Il signale seulement que les chances sont plus minces à chaque cycle, ce qui est très différent. Beaucoup d’hommes dont le spermogramme est imparfait deviennent pères naturellement.
Pourquoi cet examen vous a été prescrit
- Bilan d’infertilité du couple, généralement après douze mois de rapports réguliers sans contraception. Ce délai est raccourci si votre partenaire a plus de 35 ans, si ses cycles sont irréguliers, ou si une pathologie génitale est déjà connue chez l’un de vous.
- Avant une assistance médicale à la procréation (insémination, FIV), pour choisir la technique la mieux adaptée.
- Après une vasectomie, pour vérifier que l’intervention a fonctionné : c’est un examen différent, décrit sur notre page spermogramme après vasectomie.
- Avant ou après un traitement pouvant altérer la fertilité (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie testiculaire), notamment dans le cadre d’une autoconservation.
- Pour contrôler une anomalie déjà repérée sur un examen précédent.
Comment se passe le recueil dans nos laboratoires
Le spermogramme demande un recueil dans des conditions précises, car la qualité du résultat dépend directement de la façon dont l’échantillon a été obtenu et du délai avant son analyse.
- Sur rendez-vous uniquement, au laboratoire de Charleville-Mézières Cours Briand, dans une salle réservée à cet usage. Le créneau se réserve en ligne sur Doctolib — motif « Spermogramme sans TMS » ou « Spermogramme avec TMS » selon ce que porte votre ordonnance — ou au 03 24 33 68 68.
- Abstinence de 2 à 7 jours avant le recueil, ni moins ni plus : une abstinence trop courte fait baisser le volume et le nombre, une abstinence trop longue dégrade la mobilité et la vitalité.
- Recueil par masturbation, après lavage des mains et toilette du gland, directement dans le flacon stérile qui vous est remis. Les préservatifs du commerce et les lubrifiants sont à proscrire : ils contiennent des substances qui tuent les spermatozoïdes.
- La totalité de l’éjaculat doit être recueillie. C’est le point le plus souvent négligé : la première fraction émise est la plus riche en spermatozoïdes. Si une partie est perdue, signalez-le, le résultat sera interprété autrement.
- Analyse dans l’heure qui suit : c’est la raison pour laquelle le recueil se fait au laboratoire. Un recueil à domicile reste possible dans certaines situations particulières ; il doit être validé au préalable avec le biologiste.
Prévenez-nous également si vous avez eu de la fièvre, une infection ou un traitement lourd dans les trois mois précédents : ces événements se lisent dans le résultat.
Sur prescription médicale, l’Assurance maladie prend en charge le spermogramme dans les conditions habituelles. Pensez à apporter votre ordonnance, votre carte Vitale et votre attestation de mutuelle.
Ce que mesure le laboratoire, paramètre par paramètre
Voici ce que vous retrouverez sur votre compte rendu, avec les bornes retenues par l’Organisation mondiale de la santé dans sa 6e édition, parue en 2021, que nous appliquons.
| Paramètre | Ce qu’il décrit | Valeur de référence |
|---|---|---|
| Volume | Quantité d’éjaculat émise | 1,4 mL ou plus |
| Concentration | Spermatozoïdes comptés dans un millilitre | 16 millions/mL ou plus |
| Numération totale | Nombre total dans l’éjaculat | 39 millions ou plus |
| Mobilité totale | Part de spermatozoïdes qui bougent | 42 % ou plus |
| Mobilité progressive | Part qui avance réellement | 30 % ou plus |
| Vitalité | Part des spermatozoïdes encore vivants | 54 % ou plus |
| Formes typiques | Part de spermatozoïdes de forme normale | 4 % ou plus |
| pH | Équilibre acide-base du liquide séminal | 7,2 ou plus |
| Leucocytes | Globules blancs, marqueur d’inflammation | moins de 1 million/mL |
| MAR-test | Anticorps fixés sur les spermatozoïdes | moins de 50 % |
Le volume est obtenu par pesée et non à la pipette, qui sous-estime la quantité réelle. La mobilité est évaluée sur environ deux cents spermatozoïdes, la morphologie sur un frottis coloré selon une classification établie.
Comprendre ce qu’est vraiment une « valeur de référence »
C’est le point qui manque le plus souvent aux explications trouvées en ligne, et il est déterminant pour lire votre résultat sans angoisse inutile.
Ces seuils n’ont pas été fixés pour séparer les hommes fertiles des hommes infertiles. On les a tirés de l’analyse du sperme d’hommes devenus pères naturellement en douze mois ou moins, en retenant la valeur qui laissait sous elle les 5 % les plus bas du groupe. Autrement dit : ces hommes-là étaient féconds, et pourtant leurs chiffres passaient sous la barre.
Trois conséquences pratiques :
- Être en dessous d’un seuil ne veut pas dire ne pas pouvoir concevoir. Cela situe dans une zone où la probabilité par cycle est plus basse, et où le délai moyen s’allonge.
- Être au-dessus de tous les seuils ne garantit pas une grossesse : le spermogramme ne mesure ni la capacité réelle de fécondation, ni l’intégrité de l’ADN, ni la part féminine du bilan.
- Plus on s’éloigne du seuil, plus l’information devient significative. Une mobilité progressive à 28 % n’a pas le même poids qu’une mobilité à 5 %.
Un spermogramme, c’est une photographie prise un jour donné
La fabrication d’un spermatozoïde demande environ soixante-dix jours, auxquels s’ajoute le trajet dans l’épididyme. Ce que nous observons aujourd’hui reflète donc ce qui s’est passé deux à trois mois plus tôt : un épisode fébrile, une infection, un traitement, une exposition prolongée à la chaleur, une période de fatigue ou de stress intense.
Chez un même homme, d’un recueil à l’autre, les chiffres varient dans des proportions qui surprennent souvent. C’est pourquoi aucune conclusion définitive ne se tire d’un seul spermogramme anormal : la règle est de le refaire environ trois mois plus tard.
Les mots de votre compte rendu, traduits
Le vocabulaire de la spermiologie est impressionnant. Il ne décrit pourtant que des constats chiffrés.
| Terme | Ce qu’il signifie |
|---|---|
| Normozoospermie | Aucun paramètre ne sort des bornes attendues |
| Oligozoospermie | Spermatozoïdes moins nombreux qu’attendu : modérée de 5 à 16 M/mL, marquée de 2 à 5 M/mL, sévère sous 2 M/mL |
| Asthénozoospermie | Trop peu de spermatozoïdes en mouvement |
| Tératozoospermie | Formes typiques en proportion insuffisante |
| Oligo-asthéno-tératozoospermie | Les trois situations ci-dessus réunies |
| Nécrozoospermie | Spermatozoïdes vivants en proportion inférieure à la borne |
| Cryptozoospermie | Rien de visible d’emblée, mais quelques spermatozoïdes apparaissent une fois l’échantillon concentré |
| Azoospermie | Pas un seul spermatozoïde, y compris après concentration de l’échantillon |
| Hypospermie / hyperspermie | Volume inférieur à 1,4 mL / supérieur à 6 mL |
| Aspermie | Absence totale d’éjaculat |
| Leucospermie | Globules blancs au-dessus du seuil, évoquant une inflammation ou une infection |
Le suffixe « -zoospermie » se rapporte aux spermatozoïdes, « -spermie » à l’éjaculat lui-même. C’est pourquoi votre compte rendu indique « oligozoospermie » et non « oligospermie ».
Si un paramètre est en dessous : ce que votre médecin va regarder
Un volume faible
La cause la plus fréquente est simplement un recueil incomplet ou une abstinence trop courte. Si l’anomalie se répète sur un recueil complet, sont recherchés une éjaculation partiellement rétrograde (une partie du sperme part vers la vessie), une inflammation ou une infection des glandes annexes, ou plus rarement un obstacle sur les voies séminales.
Peu de spermatozoïdes
Une numération basse est rarement isolée : elle s’accompagne souvent d’une mobilité ou d’une morphologie altérées. Les pistes explorées sont une production testiculaire insuffisante, un obstacle sur le trajet, une varicocèle, une infection, un déséquilibre hormonal, une cause génétique, ou l’absence d’explication retrouvée, situation fréquente.
Une mobilité basse
Avant de conclure, on élimine les causes techniques : délai ou température de transport, abstinence prolongée, viscosité excessive de l’éjaculat. Sont ensuite envisagées une infection, la présence d’anticorps dirigés contre les spermatozoïdes, une anomalie de structure du flagelle. La mobilité se lit toujours en regard de la vitalité : il ne peut pas y avoir plus de spermatozoïdes mobiles que de spermatozoïdes vivants.
Beaucoup de formes atypiques
C’est le paramètre le plus souvent en dessous du seuil, et le plus mal compris : chez l’être humain, une large majorité des spermatozoïdes présente des irrégularités, y compris chez les hommes féconds. Ce qui compte est moins le pourcentage brut que le nombre moyen d’anomalies portées par chaque spermatozoïde, ainsi que le caractère isolé ou non de l’anomalie.
Une vitalité basse
On vérifie d’abord le recueil : un reste d’antiseptique ou de savon dans le flacon suffit à tuer les spermatozoïdes. Sont ensuite recherchées une infection des glandes annexes, particulièrement fréquente, et une abstinence trop longue.
Des globules blancs élevés
Ce résultat conduit à une spermoculture, parfois complétée par une recherche de chlamydia. Une inflammation prolongée altère les spermatozoïdes.
Aucun spermatozoïde retrouvé
C’est le résultat le plus lourd à recevoir, et c’est aussi celui qui impose le plus de prudence. Une azoospermie n’est jamais affirmée sur un seul examen. Un deuxième recueil est réalisé, et le biologiste prend contact avec votre médecin avant que le résultat ne vous soit transmis, afin que vous ne découvriez pas seul une information de cette portée. Un dosage hormonal et un avis spécialisé sont ensuite proposés ; des solutions existent, y compris lorsque l’azoospermie est confirmée.
Les examens qui complètent le spermogramme
- Le spermocytogramme, étude détaillée des formes, est réalisé dans le même temps.
- Le MAR-test recherche des anticorps fixés sur les spermatozoïdes, cause immunologique d’infertilité.
- Le test de migration survie évalue combien de spermatozoïdes mobiles peuvent être sélectionnés en vue d’une AMP.
- La spermoculture recherche une infection.
- La recherche d’éjaculation rétrograde s’effectue sur les urines émises après le recueil.
- Les marqueurs biochimiques du liquide séminal (fructose, zinc, alpha-glucosidase) aident à situer le niveau d’une anomalie sur les voies génitales.
- Selon le contexte, votre médecin peut y ajouter un bilan hormonal, une échographie ou une enquête génétique.
Vos résultats et notre accompagnement
Le compte rendu comporte les valeurs mesurées, les références et une conclusion rédigée par le biologiste médical. Il est disponible dans votre espace résultats en ligne et adressé à votre médecin prescripteur.
Nos biologistes sont joignables par téléphone et peuvent aussi vous recevoir sur place pour expliquer un compte rendu, au patient comme au médecin. Il suffit d’en faire la demande au secrétariat ou lors de votre passage.
Où faire un spermogramme dans les Ardennes
Le recueil et l’analyse du spermogramme sont réalisés au laboratoire Bio Ard’Aisne Cours Briand, 64 Cours Briand à Charleville-Mézières. Rendez-vous en ligne sur Doctolib, au 03 24 33 68 68 ou par courriel à secretariat.briand@bioardaisne.fr. Ouvert du lundi au vendredi de 7h00 à 17h30 et le samedi de 7h30 à 12h00.
Une spermoculture prescrite seule, sans spermogramme associé, peut en revanche être réalisée dans nos 9 laboratoires des Ardennes et de la Marne.